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L’immobilier VS le COVID-19: Un bras de fer qui risque de durer


Le coronavirus ou le COVID-19 a inéluctablement changé le monde et a continué de creuser la fragilité d’une économie qui se battait déjà pour survivre aux tensions commerciales entre les Etats Unis et la Chine, aux répercutions du Brexit, au fort endettement des Etats et à la guerre du pétrole. Le modèle économique de la mondialisation a probablement démontré ses limites, un choc généralisé lié à l’interdépendance des liens entre les pays et aux circuits économiques et commerciaux complexes et interreliés.

L’impact économique global:

La croissance économique mondiale a été interrompue brutalement au premier trimestre, les niveaux d’incertitude élevés combinés à des données en évolution rapide ont diminué la fiabilité des prévisions à court terme. Néanmoins, la croissance en 2020 devrait se contracter pour la première fois depuis 2009. La voie à suivre devrait devenir plus claire tout au long du deuxième trimestre avec davantage de données sur la trajectoire de la pandémie et l’état de l’économie mondiale.

Toutefois, les experts se montrent (très) légèrement optimistes, quant à la reprise économique,  dans le cas où le confinement total ne dure pas plus que 2 mois, voire 3, si vous êtes la Chine.

Une modélisation économique avec un scénario en V est probable: une chute brutale de l’activité avec une reprise rapide et vigoureuse.

Le premier défi pour réaliser cette théorie  est de trouver une solution rapide au manque de liquidité accru de trésorerie pour les PME, qui risque de compliquer fatalement leur survie. Des plans de relance par l’Etat et les banques seront nécessaires, certains ont été déjà lancés, partiellement. Des apport financiers, des différés pour les crédits, et des solutions par rapport aux impôts et aux cotisations sociales des employeurs. Plusieurs secteurs ont été impactés par le ralentissement des activités et le confinement total de la population; Au Maroc, les plus touchés sont le secteur du service aux entreprises et le commerce, “ils sont suivis par les secteurs de l’industrie, du BTP, de la communication et de l’événementiel, de l’agriculture, du tourisme et de l’artisanat avec respectivement 13,5%, 12,7%, 10,5%, 5,7%, 5,2% et 4,3%, relève l’étude menée auprès de dix secteurs d’activité.

D’après les résultats de cette enquête, 83% des entreprises sont en arrêt total d’activité, ce qui représente plus de deux tiers de la population étudiée, alors que les structures en arrêt partiel d’activité ne dépassent pas les 17%.” précise lesEco.ma, citant une étude de la confédération marocaine des TPE-PME.

La machine économique doit être soutenue aussi par une aide aux ménages. Nourrir le pouvoir d’achat pour doper la consommation, baisser l’IR, défiscaliser des dépenses liées aux frais de santé et aux frais de scolarité pour éviter une double imposition des ménages (une proposition de l’institut Amadeus pour le nouveau modèle de développement) seraient des mesures difficiles mais nécessaires.

Ici un round up de toutes les mesures effectives prises par les autorités compétentes au Maroc: https://www.medias24.com/crise-du-covid-19-round-up-des-mesures-decidees-a-ce-jour-pour-les-entreprises-9648.html

Le secteur de l’immobilier :

Fun fact: La valeur de l’immobilier mondial est supérieure à toutes les actions et obligations mondiales réunies. C’est un moteur de croissance clé, crucial et important.

Les restrictions des déplacements intervilles et les mesures de confinement ont logiquement impacté le secteur et plus précisément la demande. L’offre devrait être maintenue suivant une courbe droite à court terme. A moyen et long terme, l’arrêt des chantiers  aura un impact sur l’offre, après liquidation du stock existant, mais dans une mesure plus faible, si les promoteurs arrivent à stimuler d’une façon rapide les constructions. 
La demande baissera considérablement: l’endettement des ménages, la perte d’emploi et l’incertitude économique conjoncturelle sont des facteurs déclencheurs parmi d’autres, 24,6% des ménages considèrent que le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats de biens durables. 

Une aide aux ménages endettés qui ont été touchés par les répercussions économiques du COVID-19, pourrait stabiliser les prix sur le marché. Diminuer les taux d’intérêt et les maintenir à un niveau bas à court terme est une solution viable pour éviter l’effondrement du secteur, et automatiquement des prix. 

Le portail électronique Zillow a mené une étude sur le secteur immobilier lors des pandémies précédentes et a conclu que, même si les ventes de maisons avaient chuté de manière spectaculaire lors d’une épidémie, les prix étaient restés à peu près les mêmes ou avaient légèrement diminué., Il est plus difficile de modifier les prix lorsqu’il y a peu de transactions. En bref, les pandémies précédentes ont simplement mis le marché du logement en pause.

le secteur de l’immobilier s’est montré résilient durant plusieurs crises majeures (on ne compte pas la crise des subprimes, qui était déclenchée par plusieurs facteurs dont l’avidité est le premier), et avec une intervention étatique pour soutenir le pouvoir d’achat et ainsi la solvabilité des “consommateurs” de l’immobilier, le bras de fer avec le covid-19 risque d’être dur, lent mais temporaire.

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